08/12/2017

Les rideaux de Johnny

Les Français redoutaient l’annonce de cette terrible nouvelle depuis plusieurs jours. Malgré cela, la vague de choc dans le monde francophone fut encore plus fracassante que prévue à l’annonce officielle du décès Johnny Hallyday.
 
J’avoue ne jamais avoir été « fan » de Johnny  Il a plutôt été l’élément déclencheur de nombreuses disputes dans la voiture lors de longs trajet familial quand nous choisissions les CD à écouter. Quand ces messieurs voulaient du Johnny, je préférais des musiques plus de mon époque. Ces souvenirs me font aujourd’hui sourire et je le confesse : je trouve ces commémorations exagérées.
 
Pourtant cette actualité m’amène à me souvenir, la dernière fois que j’ai été attristée par l’annonce du décès d’une personne célèbre. C’est cette soirée d’été où mon père m’annonçait la mort de Max Gallo. J’ai pleuré comme une petite fille. Et pourquoi j’ai pleuré ? Parce qu’il me ramenait directement à mon adolescence, quand mon père m’avait prêté « la Croix de l’Occident » pour que mon été soit moins ennuyeux dans la vieille maison sans internet et sans eau chaude de mon grand-père. J’ai englouti le 1er tome en une journée. Mon père fit une heure de route pour m’amener la suite de cette superbe épopée, le lendemain-même (oui mon désarroi était grand car je me languissais de lire la suite). Voilà comment je suis devenue une dévoreuse des livres de ce talentueux historien. Je recevais chaque année une de ses biographies de femmes et d’hommes célèbres de l’Histoire. Cet écrivain était rentré dans ma vie sans que je ne m’en rende compte et il faisait, j’aime à la penser, partie de ma vie.
 
Ce cheminement, dans les méandres de mes pensées, m’a fait comprendre que toute une génération perdait avec Johnny sa jeunesse, ses souvenirs, son ami et son adolescence. Toutes les mémoires, les lieux de vie, s’enracinent dans notre cerveau lors de notre adolescence. Voilà la raison pour laquelle nous recherchons toujours à retrouver le lieu où nous avons vécu notre jeunesse, ainsi que ce que nous aimions, écoutions, mangions,…
 
Oui sa mort m’a fait réfléchir. Sur les réseaux sociaux, tout le monde raconte ses anecdotes, toujours sympathiques, des rencontres avec l’idole des jeunes. Il paraît que nous sommes tous à 5 poignées de main du Pape, de George Clooney ou même de Poutine. A combien de poignées de main étais-je de Johnny ?
 
Je me suis souvenue, grâce à mon cher père, que j’ai été à moins de cinq poignées de main de Johnny. J’ai eu la grande satisfaction de lui confectionner ses rideaux lorsqu’il est venu s’installer à Gstaad. Je faisais mon apprentissage à cette époque. C’était il y a onze ans, jour pour jour. Avec ma maître d’apprentissage, nous sommes même allées les poser sur place.
 
En arrivant, des ouvriers coulaient du béton sur la terrasse, tandis que des tapissiers posaient de la moquette dans les escaliers. Une effervescence incroyable animait ce lieu. Un peu inquiète, je demandais à l’architecte d’intérieur quand la famille Hallyday arrivait. Il me répondit : « dans douze heures ». Un moment de panique m’envahis, mais visiblement l’architecte d’intérieur avait l’habitude de tout faire au dernier moment.
 
Un immense sapin de Noël dominait le salon. Des décorations égayaient ce magnifique chalet. J’ose le dire, c’était kitsch, mais pour les fêtes de fin d’années, nous ne sommes jamais assez kitsch ! Rien à voir avec le chalet d’un rockeur. Ce chalet était tout ce qu’il y a de plus traditionnel, familial, bref, un vrai nid d’amour en quelque sorte.
 
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403_F2336003.jpgPour avoir une idée des tissus choisis par le couple, regardez les images jointes à l’article. Pour les autres motifs
ornant les rideaux je peux résumer : c'était très alpins. Je pense que Laeticia n’était pas totalement étrangère à ces choix décoratifs. Je peinais à imaginer ce rockeur au milieu de ce décor. Mais comme tous les artistes, il y a le personnage public et l’homme.
 
 
Voilà comment j'ai été à une poignée de main de Johnny!
 
C’est toute une génération qui pleure un grand artiste. Il liait aussi plusieurs générations. Adieu l’Artiste !

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