07/01/2018

Le Baron Tzigane - Que de talents si peu valorisés !

Samedi j’ai assisté à la dernière représentation de l’opérette « Le Baron Tzigane » que le Grand-Théâtre nous proposait pour les fêtes de fin d’année.

Ce qui devait être une sortie culturelle s’est doucement transformée en immense interrogation au fur et à mesure que la représentation avançait. Tout d’abord, l’opérette débute avec une une famille « cochon ». Un groin sur le nez et des oreilles sur la tête, ils viennent sur scène et repartent, laissant un public dubitatif. Le décor, quant à lui, se veut ludique en prenant comme modèle les jeux de sociétés que nous connaissons. Une sorte de Monopoly géant. J’ai senti qu’il y avait une recherche, mais le public demeurait peu enthousiaste et peu réceptif à toute cette création. Je cherchais le lien entre ce jeu géant et l’histoire que le metteur en scène souhaitait faire passer. Peut-être voulait-il mettre en corrélation le jeu de la guerre et du jeu des amours et des alliances ?

Pour les costumes rien de transcendant, les chanteurs portent des habits des années 50 et les gitans se retrouvent fagotés en blouson noir. Rappelons que l'action se passe du côté de Temesvar et à Vienne en 1741, 24 ans après le siège de Belgrade. Bref, cela est totalement anachronique et cet aspect perturbant m’a vraiment dérangé durant tout le spectacle. Mais ce n’est que mon avis et ce n’est pas le pire.

Ce qui m’a réellement déçue, ce sont ces trois scènes bien trop sexuées à mon goût et qui n’apportent absolument rien à cette production. Par exemple, lors de cette scène suggérant une partouze entre tous les acteurs/chanteurs jouant les bohémiens, le malaise était palpable dans le public. Je me suis toujours amusée à penser que les producteurs mettant du sexe dans leurs créations manquaient sérieusement de confiance en leur projet. Prendre le spectateur pour un obsédé avare de sexualité pour mieux vendre, m’a toujours profondément agacée.

Mais mes pensées compatissantes s’envolaient surtout vers cette magnifique interprète de Saffi, Eleonore Marguerre, qui passe un acte entier en culotte et chemisette sur scène. Toutes ces années de sacrifices et d’apprentissage de l’art lyrique pour atteindre un niveau aussi accompli que le sien et la voir sur scène en culotte… Quel cruel manque de respect et de considération.

Finalement, les seuls éléments appréciables de cette opérette qui a connu un succès retentissant lors de sa sortie en 1885 à Vienne, sont ceux restés fidèles à l’œuvre originale. C’est-à-dire, les musiciens et les chanteurs ! Ils se sont merveilleux bien débrouillés malgré ces scènes douteuses et ce décor en inadéquation totale avec la trame de l’histoire. Que de talents si peu valorisés !

En sortant des représentations, j’aime laisser traîner mes oreilles en passant à côté les spectateurs. Et bien mon sentiment global semblait être partagé par tous, une déception et un grand questionnement sur beaucoup d’éléments et de choix scéniques. N’étant que peu enthousiaste pour les mises en scènes contemporaines et étant néophyte dans le domaine, je pensais être seule déçue, et bien non. Mes oreilles traînantes m’ont confortée dans mon opinion. Il y a beaucoup de spectateurs plus traditionnels et ils font également partie du public. Il serait judicieux pour le Grand-Théâtre de revoir ses productions et surtout ses mises en scène car leurs artistes méritent d’avoir des spectacles à la hauteur de leur talent !

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Photo provenant du site RFI

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