22/03/2018

Les citernes de la honte!

S’il fallait une preuve, une seule, qui atteste du fait que le Conseil d’Etat se moque de la parole populaire. C’est bien celle-ci. En effet, voilà quelque dix-huit ans que les élus de la commune de Vernier, la population ou encore toutes celles et tous ceux qui résident à proximité, tel que moi qui habitent à 300 mètres, demandent à ce que soient déplacées les citernes d’hydrocarbures.

Nul le contestera, des citernes remplies de produits toxiques et potentiellement explosifs plantées au beau milieu de zones commerciales et habitées apparaît dangereux, c’est le moins que l’on puisse écrire. Mais malgré ces demandes récurrentes et réaffirmées depuis tout ce temps, rien ne se passe. Les citernes ne bougent pas.

Le sommet a même été atteint en 2012 lorsque Stéphane Valente, alors conseiller municipal UDC à Vernier, entame une grève de la faim pour dénoncer cette situation absurde et risquée. Sur la base de différents rapports d’experts, l’élu affirme que rien ne s’oppose au démantèlement de ces citernes. Il suffit pour cela que le Conseil d’Etat le décide. Un mois plus tard, il stoppera sa grève, le Grand Conseil ayant décidé, par le biais d’une motion, de déplacer ces cuves d’hydrocarbures.

Ensuite? Rien ne bouge. Une nouvelle fois. Mais en janvier 2017, face à la menace terroriste, les élus de Vernier votent, à l’unanimité, une résolution demandant un renforcement des mesures de sécurité des sites de stockage pétrolier. «Elles sont actuellement insignifiantes, voire inexistantes, affirme un élu du MCG à la Tribune de Genève. Cela est d’autant plus grave que les citernes d’hydrocarbures, problématique sécuritaire majeure de notre canton, jouxtent plus de 5000 personnes, une autoroute, une ligne ferroviaire ainsi que l’aéroport».

Dans ce contexte de zone urbanisée, le Municipal somme également le gouvernement cantonal, accusé d’immobilisme, «de prendre les mesures nécessaires au déplacement, à terme, des citernes». Réponse du Conseil d’Etat: «Nous avons la volonté de trouver des solutions visant à réduire les risques et les nuisances liées au stockage des hydrocarbures à Genève, mais les deux acteurs majeurs restent la Confédération, qui pose le cadre légal, et les pétroliers qui sont uniquement prêts à partir si on leur propose un autre lieu.»

Un an plus tard, rien ne se passe. Les citernes sont toujours là, elles représentent toujours un risque évident, le Conseil d’Etat se dit impuissant, la volonté populaire n’est pas respectée et le privé l’emporte sur le public. Pire, d’ici quelques mois devrait débuter la construction d’immeubles d’habitation, dans le quartier de l’Etang, tout à côté des citernes. Quelque 1000 logements et 2500 emplois y sont prévus. Ça fait froid dans le dos.

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