• Travailler le dimanche, tous perdants ! (2/2)

    Les nouveaux temples dominicaux seront-ils ceux de la consommation ? C’est du moins ce qu’essayent de nous faire croire les acteurs économiques genevois. Leurs arguments sont très discutables, comme la limitation des achats en France voisine, que l’ouverture ne concerne que de trois dimanches par année, que les vendeurs auront le choix de travailler le dimanche ou non, etc.

    L’argument du « ce n’est que trois dimanches par an » ne me fait pas changer d’avis, au contraire ! La technique du pied dans la porte, ça vous dit quelque chose ? C’est tout simplement une manipulation vous qui vous demande un effort moindre ou peu couteux que vous accepterez pour ensuite vous demander plus. Une fois que les trois dimanches seront acceptés, pourquoi pas cinq, dix ou cinquante-deux ? Rappelez-vous, le pied est déjà dans la porte, vous ne pouvez plus la fermer!

    Sur le même plan, les promesses d’engager des étudiants (qui n’ont pas droit au salaire doublé ce jour-là), des célibataires, ou encore que le libre-choix des employés sera respecté, je n’y crois pas un seul instant. Peut-être que cela sera respecté durant les deux ans de phase test, mais sans convention claire, cela n’est que vaines promesses pour mieux nous duper. Et si les accords-cadres passaient, toutes les conventions de travail exploseraient, donc toujours aucune assurance pour la suite.

    Concernant les achats en France voisine, les Genevois qui passent la frontière pour s’alimenter, le font avant tout pour des aspects financiers et non d’horaires ou de jour d’ouverture. Le coupable de la baisse du chiffre d’affaire des enseignes genevoises serait principalement dû au développement du e-commerce.

    La pauvreté à Genève ne cesse d’augmenter, le nombre de personnes aidées ou soutenues financièrement par l’Hospice général est passé de 7'548 à 23'080 en 18 ans. Le premier geste allant dans le sens d’une dynamique de la consommation serait simplement d’engager des travailleurs(euses) genevois(es) avant de vouloir ouvrir plus longtemps et plus souvent avec des frontaliers travaillant a Genève mais consommant français.

    P.S. je vous invite à lire la première partie de mon article, publié hier, axé plus sociologie.

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  • Travailler le dimanche, tous perdants ! (1/2)

    Le 19 mai prochain, nous voterons sur une pléthore de sujets. Ce qui est dommageable pour notre démocratie car tous les objets ne seront pas abordés avec la même profondeur. Il y en a pourtant un qui me semble plus important qu’il n’y parait, c’est la loi modifiant la loi sur les heures d’ouverture des magasins (LHOM) (Sauvons les emplois du commerce genevois) (I 1 05 – 12372), du 21 septembre 2018.

    Ce blog sera écrit en deux parties. Ce premier article se veut plus sociologique que celui qui paraitra demain, axé plus sur l’économie.

    Chez les catholiques (et les chrétiens du monde entier), le dimanche est le jour du Seigneur. Dans la Bible, il est écrit : « Dieu acheva au septième jour son œuvre, qu'il avait faite: et il se reposa au septième jour de toute son œuvre, qu'il avait faite ». En plus d’être un jour de repos pour le corps, il est aussi le jour du repos spirituel, de l’élévation de l’âme que les chrétiens sanctifient en assistant à la messe dominicale. Dans toutes les sociétés depuis l’antiquité, il y a un jour de rupture dans la semaine de travail.

    Malgré le changement de société que nous observons (ou subissons) depuis quelques dizaines d’années, le dimanche reste un jour spécial pour tous occidentaux, chrétiens ou non. Car même si tous ne vont pas (ou plus) à la messe, c’est une journée privilégiée pour tisser et renforcer les liens familiaux et amicaux. La famille est le socle de toutes sociétés saines qu’il faut à tout prix maintenir car c’est dans cette première cellule que se construit le citoyen de demain et les moments favorisés deviennent de plus en plus rare. Le dimanche est un jour où enfants ET parents se retrouvent, parce qu’ils ont tous congé en même temps, une pause hebdomadaire dans la frénésie de notre temps.

    Selon Jean-Yves Boulin, sociologue, « le dimanche est le jour qui impacte le plus la vie familiale et sociale. A la différence du samedi, où chacun fait souvent davantage d’activités de son côté. » En effet, ceux travaillant le dimanche perdent 3h30 d’activité familiale par semaine !

    Un parent rattrapant en semaine sa journée de congé du dimanche n’aura pas les mêmes avantages et loisirs avec son enfant. Ce sont les classes les plus pauvres qui auront à subir les désagréments lié à cette ouverture du dimanche. En effet, les familles monoparentales, les femmes, les chômeurs, ne seront pas en position de force pour refuser de travailler le dimanche.

    Dimanche et familles vont de pair et sont d’une absolue nécessité pour l’harmonie de notre société en perte de repères. Préservons nos acquis sociaux et nos libertés. Avons-nous réellement besoin de courir les magasins tous les jours de la semaine ? 

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