19/11/2017

Journal d’une courtepointière : l’artisanat survira-t-il à la mondialisation ?

Lors de la dernière assemblée de l’AGDI (association genevoise des décorateurs d’intérieur, dont les courtepointières font parties), j’ai rencontré de nombreux tapissiers pour la plupart à la retraite. Mais ils sont toujours passionnés par leur profession et n’ont pas oublié leurs jeunes années, ce temps aujourd’hui lointain où l’artisanat genevois était florissant.

J’ai vite compris que je ne connaitrais jamais pareille période, du moins pour ces prochaines années. Les temps ont bien changés. Les trente glorieuses sont bien loin.  Un tapissier m’expliquait que dans les années 1985, il était à la tête de son atelier, entouré d’une quinzaine de courtepointières. Un autre rivalisait : il en employait vingt.

Pour se rendre compte de l’état de la profession aujourd’hui, il ne doit rester qu’une dizaine de courtepointières employées au sein d’un entreprise et une dizaine qui luttent pour survivre en tant qu'indépendante.

Devant ce triste constat et ma mine déconfite, je leur demandais : comment diable (j'aurais pu dire diantre, mais ma foi, cette expression est fort désuète) en sommes-nous arrivé là ? L’un d’eux me répondit, qu’avant, 85 % de la population composait leur clientèle. Ces dernières années, la classe moyenne s’est appauvrie et de nombreuses personnes (très) aisées ont quitté Genève. L’arrivée des grandes surfaces (Ikéa, Pfister, Conforama, etc.), ont fini d'achever la profession, il ne reste plus que 5% de la population qui choisit les services des artisans de l’ameublement.

Un tapissier encore actif se donnant corps et âme pour sauver le métier, m’a expliqué mettre en place une nouvelle filière pour apprentis afin que la relève soit assurée. Malgré son immense travail, il ne trouve pas assez d’entreprises prêtent à former des apprentis. Mais cela sera le sujet d’un prochain blog.

 

La qualité n’est plus un critère

L’artisanat est en train de disparaitre rapidement, sous nos yeux, emportant avec lui un savoir-faire prestigieux et ancestral. Cet art de la décoration disparait parce que notre société chute dans le prêt à consommer, ne favorise plus l’esthétisme, victime de la perte du pouvoir d’achat qui érode les budgets de la classe moyenne et même de la classe aisée.

confection rideaux en velours avec pose de galonÊtre tapissier ou courtepointière, c’est aimé le travail bien fait, le beau et le confort des clients. C’est aussi avoir une tendresse toute particulière pour l’histoire en général et celles de la décoration (ces meubles et rideaux qui ont embelli nos intérieurs) en particulier. La joie et la valorisation que nous obtenons à confectionner un bel ouvrage n’est plus valorisé par une société mondialisée. Les artisans meurent en silence.

 

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15/10/2017

Qui voudrait devenir une ombre?

Le 13 octobre dernier j’apprenais avec satisfaction que l’initiative « oui à l’initiative de se dissimuler le visage » avait abouti et que le peuple se prononcera sur ce sujet que je devine déjà polémique. 

Rappelons que plusieurs pays interdisent déjà la burka, comme la Belgique, la France ou la Bulgarie. Il y a encore 20 ans ce problème n’existait pas dans notre pays. L’arrivée massive de migrants issues de cultures très différentes de la nôtre ont remis en cause les fondements de notre société. Mais surtout, et avant tout, la place de la femme que ces dernières ont mis tant d’énergie à gagner en indépendance et à être reconnue par la société comme une citoyenne à part entière et non à une éternelle adolescente soumise les premières années de sa vie à son père et ensuite à son mari.

Cela n’est pas si ancien et pourtant ces acquis sont déjà branlants. Où sont passées les féministes qui se ventent de défendre les femmes enfermées dans les carcans séniles qu’aujourd’hui on nous impose comme une « liberté ». Leur rejet du christianisme les feraient-elle devenir des alliées de l’islam ?

Ce voile intégrale efface la femme de la société. Elle n’existe plus, elle est supprimée de notre Etat et cela soit disant par sa propre volonté. Elle devient une marchandise, soumise par la volonté d’allah. Qui voudrait devenir une ombre ? Je suis une femme, une femme qui veut conserver ses acquis et surtout ne pas disparaitre d’une société à laquelle je contribue et avec laquelle j’évolue. 

Ne laissons pas une religion nous imposer une doctrine selon laquelle les hommes seraient nos ennemis, des barbares incapables de se contrôler à la vue d’une oreille dénudée. Ils sont nos partenaires, nos amis et nos associés car nous sommes complémentaire. Cette initiative est un frein notable face aux dérives sectaires. Cette initiative doit être acceptée par le peuple ! Elle aidera les femmes victimes d’obscurantisme et sera un facteur important dans l’intégration des musulmanes et des musulmans en Suisse.

 

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08/10/2017

Le bio c’est pour tout le monde!

Durant cette semaine, l'actualité a mis en lumière le dossier de la production bio en France et en Suisse. Chez nos voisins, Stéphane Travert, le ministre de l’Agriculture, a supprimé les aides au maintien de l’agriculture bio dès 2018, avec l’accord tacite de Nicolas Hulot, le très médiatique défenseur de la nature. Le ministre veut confier au marché privé le maintien de l’agriculture bio, ne se préoccupant que des recettes fiscales à venir.

Tous les agriculteurs français qui se sont convertis au bio vont être touchés. Mais, surtout, le gouvernement Macron confirme son asservissement aux lobbies de la chimie et de l’agro-industrie. D’un côté Macron fanfaronne sur le rôle de la France dans la lutte contre le réchauffement climatique, et de l’autre il supprime un des leviers les plus efficaces à court terme, la suppression des engrais azotés, première source des gaz à effet de serre en agriculture.

Chez nous, en Suisse, nous avons appris que le marché bio a dépassé pour la première fois les 2,5 milliards de francs. La proportion de bio par rapport à l’ensemble du marché alimentaire a atteint 8,4%. Toujours plus de consommateurs se décident pour le bio, prenant ainsi leurs responsabilités vis-à- vis de l’environnement et leur santé.

J’aime et je soutiens l’agriculture biologique et le bio c’est pour tout le monde! L’agriculture chimique pollue et coûte extrêmement cher à la société (traitement des pollutions, santé publique, dégradation de l’environnement, perte de biodiversité, réchauffement climatique…) tandis que l’agriculture biologique participe, elle, à la restauration de l’environnement. Elle favorise la santé publique, en protégeant la population affectée par les pesticides.

Espérons que l’exemple français ne donnera pas de mauvaises idées à quelques politiciens en mal d’économies stupides. Le principe des paiements directs dans l'agriculture est un des éléments de base de la politique agricole défendue par le Conseil fédéral et l'Office fédéral de l'agriculture (OFAG). Il aide l'exploitant qui inscrit l'ensemble de son exploitation à la reconversion à la culture biologique. Bravo la Suisse !

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